« Cet hiver, le ciel descend dans la montagne »

 « Un tableau vivant inter-espèces humain, cheval, arbres »

 

La performance « Cet hiver, le ciel descend dans la montagne » a eu lieu le Dimanche 2 février 2020 à Die.


Cercle de partage
Lors du cercle de partage après la performance, il a été proposé au public de partager des mots en résonance avec ce qu’il venait d’être vécu.
Voici des extraits :

« Beauté », « Connexion », « Humilité », « Fin du monde », « Un autre monde est possible », « Naissance », « Unité », « Joie », « Pluie », « Relier nature et culture », « Aimer »

« Ca ouvre les possibles, l’imaginaire des possibles ».

« Mon cœur battait si fort. Les arbres semblaient regarder le cercle d’humains avec étonnement et gratitude.
Le son de la rivière au même rythme que le tambour. »

« Les 4 éléments étaient présents. La terre semblait sortir de terre. »

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Écho de Clélia Bilodeau
Clélia a participé aux ateliers hebdomadaires de la performance de novembre 2019 à janvier 2020. D’abord venue avec la « casquette » de mère « gardienne-responsable » de Jeanne et Gaëtan, ses jeunes enfants de 3 et 5 ans, participants à la performance, elle a  progressivement accueilli ce que les ateliers nourrissaient chez la femme et l’enseignante chercheuse en géographie physique qu’elle est aussi. Clélia nous avait prévenu en amont : nous savions chacun et chacune, dès le premier jour, qu’elle ne pourrait pas être présente le jour de la représentation. Au fil des semaines, elle nous a partagé son sentiment de frustration liée à cette absence à venir.
Lorsque la veille de la représentation, elle m’a envoyé son texte « Tableau vivant » je me suis dit qu’elle embrassait un très beau paradoxe : de son absence et de cette distance physique le jour J, Clélia s’est relié profondément à son vécu et à nous autres participants de la performance. Sa frustration est devenue un texte, une immense présence qu’elle nous offre tel un commun inoubliable.
« A ce lieu qui nous a accueilli, que nous avons habité, et qui nous habite désormais,
Je déclare mon amour.
A la rivière et ses couleurs changeantes, au soleil qui nous a offert sa chaleur chaque matin, à ces arbres que nous avons touchés, sentis, à leur forme et mouvements qui nous ont inspiré,
Je déclare mon amour.
A ces chevaux et ces chiens qui nous ont accompagnés avec bienveillance dans nos explorations, qu’il me semble connaitre maintenant si intimement que je peux sentir la chaleur de leur corps sous ma main simplement en fermant les yeux,
Je déclare mon amour.
A mes compagnons improbables dans cette aventure, à nos différences, nos oppositions qui fait de nous les pièces d’un même puzzle, aux obstacles, aux tensions, qui nous ont fait douter et que nous avons traversés, à nos communions de cœur à cœur,
Je déclare mon amour.
A nos corps, fatigués des luttes, à qui nous avons permis de s’exprimer et d’ouvrir tous nos sens, nos corps par lesquels passeront nos transformations et celles de ce monde,
Je déclare mon amour.
A moi-même, qui me suis laissée transformée par cette aventure, et qui, grâce à chacun de vous, humains, animaux, végétaux, rivière et soleil, repart sur le chemin plus brillante de tous ces instants partagés,
Je déclare mon amour. »

La performance « Cet hiver, le ciel est descendu dans la montagne » était proposé au programme des Rencontres Ecologie au quotidien 2020 – 18ème édition

Cet hiver, le ciel descend dans la montagne(2)

Des arbres, un cheval, des pas de danse, au sein de l’hiver…une proposition au coeur de la nature où les corps et les gestes dessinent un monde in situ… suivie d’un cercle de partage*

Gabrielle Miae Ka – Artiste performeuse et son collectif d’invité.e.s

*En lien avec la recherche de Joanne Clavel, chercheuse au CNRS en humanité environnementale et co-auteur de « Ecosomatiques : penser l’écologie par le geste”.

Dossier Presse à télécharger > « Cet hiver, le ciel descend dans la montagne » Un tableau vivant inter-espèces humain, cheval, arbres aux Rencontres de l’Ecologie au quotidien 2020

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Au moment de nous quitter, je prends une photo. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Comme si je voulais garder une trace de ce moment. Une empreinte pour l’humanité, un parfum d’éternité. L’enfant, libre, le cheval, libre, les arbres ouvrent leurs pas, une marche paisible. Les troncs, l’enfant, le cheval, une danse comme l’encre qui coule et dessine l’éclat d’un nouvel horizon.

/Texte et photo Miae Ka  – 6 janvier 2020 – Suite d’un atelier préparatoire


Photographies des ateliers : Florence Bresc, Miae Ka, Kiyé Simon Luang