I feel the weight of your uncried tears in my heart*

IfeeltheweightofYourUncriedTearsInMyHeart

Le 8 mars 2019, une intense émotion de tristesse m’a traversé au petit matin.

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Je n’ai pas vraiment compris pourquoi, ni d’où cela venait.

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Deux jours après, il me semble que ce mouvement intérieur revêt le sens de « I feel the weight of your uncried tears in my heart ».

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Dans une culture de la compétition propre à notre société occidentale contemporaine, la tristesse est une émotion qui exprime la vulnérabilité de l’être, celle qui est si souvent tue, contenue, cachée… Les larmes n’ont que peu de place pour être vécues pleinement et encore moins se donner à voir… et souvent derrière la colère et la violence, il y a la tristesse…c’est mon propre vécu et probablement celui de tant d’autres…Car dans notre culture et notre éducation à l’occidentale, jusqu’ici lorsqu’on parle des émotions, le travail est souvent associé à la notion de « thérapie » ou de « guérison », et ce à titre individuel, n’est-ce-pas ? Or, cela ne participe-t-il pas à l’élaboration d’une culture collectivement construite sur la peur et la honte de la vulnérabilité, de l’irrationnel ? Cela ne revient-il pas à stigmatiser et nier ces parties intrinsèques de la nature humaine : ses limites, son irrationalité, son inconscient, sa part immergée ? Pourquoi ne pas préférer à « thérapie » ou « guérison », des termes plus valorisant comme ceux-ci : « connaissance de soi », « évolution », « apprentissage », « intelligence humaine et spirituelle » afin de redonner toute la valeur à cette part non rationnelle du vivant ?

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Cette expérience m’apprend que lorsque la tristesse est pleinement vécue, vue, et reconnue, elle est capable de précéder une nouvelle compréhension de soi, de l’autre. Elle se transforme en sentiment lorsque son sens, sa signification apparaissent : la perte, le manque, le besoin non honoré. C’est à partir de là que la construction d’une pensée juste et préalable à l’action est possible…en connaissant consciemment la source et la racine des pensées, des actes, de sa parole.

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A l’écoute de ce processus émotionnel, je ressens de la gratitude pour ce chemin intérieur qui a sa propre intelligence créative. Je ressors ainsi avec le souhait de soutenir davantage l’accueil du vulnérable, de la tristesse chez moi comme à l’extérieur de moi. Je crois que c’est ce dont mon propre monde et le monde a besoin pour garder la conscience de ce qui est sensible, fragile et continuer à protéger le vivant…

Avec une pensée particulière à tous ces hommes et ces femmes, ces résistants d’aujourd’hui qui expriment leur sensibilité artistique et humaine et me donnent le courage de dire la mienne !

Miae Ka

10 mars 2019


* « Je sens le poids de tes larmes retenues dans mon cœur »

 

Voici quelques précieuses ressources qui m’ont permises d’écrire ce billet :

“We sing this song like a lullaby. The song means the water is the life’s blood of our mother the earth. Water is the life’s blood of our own bodies”— Grandma Nancy**

 

 

 

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