Une œuvre collective à l’encre de chine redonne vie à un arbre millénaire

Les 26 et 27 mai 2018, lors des « Grandes médiévales d’Andilly »,  j’étais aux côtés de l’artiste Cedric Bregnard pour participer à la réalisation guidée d’une œuvre collective. Grâce au geste de leur main, au contact du pinceau et de l’encre de Chine, plusieurs dizaines de participants (environ 250), ont peint l’ombre d’un banyan photographié et imprimé en demi-teinte. En quelques jours, un collectif constitué ex-nihilo a redonné vie à un arbre millénaire.

Les « Grandes médiévales d’Andilly » est un évènement festif et convivial grâce une atmosphère créée par des centaines d’artistes et de figurants habillés en costume d’époque. J’ai été surprise de sentir autant de joie partagée et de jeu spontané à être ensemble.

Un peu à l’écart de la musique et des festivités,  la performance collective a été installée dans un espace qui permettait une forme de contemplation propice à la concentration.

 

L’œuvre a été réalisée en présence de représentants du peuple Surui, invités d’honneur du festival, en vue de donner un écho à la défense, la protection de la forêt amazonienne et son peuple autochtone. Ce peuple premier diffuse également le message que les droits de l’homme n’ont pas de sens si les droits de la Terre ne sont pas respectés.

J’ai aimé converser avec certains participants sur ce qu’ils ont vécu lors de cette expérience de dessin collectif. A chaque fois, les témoignages ont révélé la joie d’être partie prenante d’une création collective composées d’expressions singulières.

« Qu’on puisse voir l’essence de chaque personne, cela m’a vraiment plu. (…) Que la nature soit reprise pour faire ressortir la lumière, en travaillant les ombres, c’est génial (…) Au contact du papier et de l’encre, on rentre dans un autre monde, c’est magnifique, je laisse le pinceau me porter… » Soline

Soline, Emmanuel, Laura, Aline et Diane m’ont confié leurs impressions et leur précieux témoignage sur leur expérience de la performance (cliquez sur l’image ci-dessous pour écouter le podcast) :

« En tant que dessinateur, avoir une approche avec un pinceau, je trouve cela délicat, sensuel, intéressant. (…) De savoir que c’est chaque personne qui a fait un petit morceau et de voir qu’au final, cela fait quelque chose qui se tient, je trouve ça chouette, ça veut dire qu’à l’échelle humaine, chacun en faisant un petit morceau, on peut faire un truc cool. C’est un beau message pour l’humanité. » Emmanuel

Une conversation avec Aline et Diane m’a invité à prendre un temps pour prêter attention au mélange des styles des touches, des approches picturales des participants.

« On voit vraiment tous les genres, ce qui ont beaucoup de force, ceux qui sont plutôt fins. Chacun joue avec le pinceau d’une manière différente. Celui qui fait comme des pattes d’animaux et d’autres qui font des points. »

 

Durant mes deux journées de participation à l’œuvre collective, j’ai échangé et rencontré de nombreuses personnes. La grande majorité des personnes que j’ai rencontré ont eu un premier mouvement de recul et de retrait lorsqu’ils sont arrivés dans l’espace de la performance. Si de nombreuses personnes sont attirées par le dessin qui prend forme sous leurs yeux, elles sont autant à se dévaloriser et à exprimer des freins sur leur capacité à faire l’expérience :

« ce n’est pas pour moi »

« je ne me sens pas capable »

« je ne sais pas dessiner »

« je vais tout gâcher »

A la fin de la première journée, cette accumulation de peur et de dépréciation généralisée m’a créé une intense émotion de tristesse. Suite à cela, j’ai aussi ressenti beaucoup de joie quand j’ai compris une des grandes forces de l’œuvre et de l’artiste qui accompagne la réalisation collective : chacun est amené à retrouver confiance dans le geste d’une main en mouvement qui s’abandonne grâce au contact spontané de l’ombre de la photographie.

La main se donne, l’œuvre se révèle.

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Une partie de l’œuvre photographiée au terme d’une journée de dessin collectif

Gabrielle Miae Ka

 

Pour approfondir :

Le site internet de Cedric Bregnard pour retrouver des informations détaillées sur cette performance « Immortal Banyan »

Lien vers une vidéo où le dessin collectif de la performance est finalisé.

Le site internet Les grandes médiévales d’Andilly

Le site internet de l’association Aquaverde en soutien au peuple Surui et la protection de la forêt amazonnienne

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