Murmures d’un paysage pour un selfhand

Quand il place ses rayures, Daniel Buren dit qu’il fait du lieu un espace plastique.

Le lieu deviendrait ainsi inséparable de l’œuvre qui en révèle les dimensions cachées, et le regard verrait soudain «autrement »*.

Extrait Centre National des Arts Plastiques

En mai 2018, Daniel Buren a défendu un droit moral d’appropriation de l’espace quand il a demandé le retrait d’une œuvre éphémère déposée par Module de Zeer**. La loi a joué en sa faveur. Les lignes horizontales de Module de Zeer ont été retirées alors qu’elles s’inscrivaient dans une intention de dialogue créatif.

Installation éphémère de LMDZ (Le Module de Zeer), dans la cour d'honneur du palais royal face aux colonnes de Buren (Photo de Jean Faucheur)
Installation éphémère de LMDZ (Le Module de Zeer), dans la cour d’honneur du palais royal face aux colonnes de Buren (Photo de Jean Faucheur)

De nos jours, la société construite par l’homme permet une certaine appropriation de l’espace public jusqu’à d’indécentes dérives***.

Quelle posture humaine et artistique permet de rendre compte d’une certaine relation de l’humain avec le paysage ? Comment la main peut-elle donner à voir un certain mouvement et différentes qualités d’appréhension de son environnement ? Prendre, donner, saisir, recevoir, rassembler, réunir, tisser, magnifier, reconnaître, dessiner ? Pour servir qui, quoi et quel but ?

Quand je place ma main dans le paysage, le lieu devient-il un espace plastique ? Tout au moins, avec la présence du corps, l’espace est engagé dans une nouvelle relation par la présence du corps. Réhabiter l’espace avec et par le corps.

Voici ci-dessous quelques photographies du projet « Nature empathy« .

Dans cette recherche, j’éprouve une relation à la nature, ce que me murmure le paysage. De cette façon, je rencontre un paysage avec mon corps. Pour un temps, je les habite avec qui je suis et les choix que je fais.

Alors que le selfie**** et le selfeet sont devenues des pratiques généralisées, l’usage a ses adeptes et ses détracteurs. Le selfhand donne à voir une certaine qualité de la rencontre et de la relation que l’humain est susceptible d’entretenir avec le paysage.

Ici, la photographie ou la vidéo d’un corps, d’une main ou d’un objet façonné par la main, se vit comme une écriture, un bout de chemin d’un monde que j’aime et que je raconte.

Une façon de voir et d’être dès aujourd’hui de et dans ce monde.

Gabrielle Miae Ka – 20 juin 2018


Pour approfondir :

*Biographie de Daniel Buren par le Centre National d’Arts Plastiques

** Daniel Buren fait retirer un oeuvre en face de ses installations Huffington Post – 28 mai 2018 –

***Article Le Monde 9 mai 2018 – En Tanzanie, les Masai sont rejetés de leur terres au nom de la protection de la nature

****Et si on replaçait le selfie dans l’histoire de l’art ?  Télérama

Interview de l’artiste Module de Zeer par Citazine « LMDLDZR : ce n’est pas du street art, c’est de la science »

 

 

 

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2 replies »

  1. Jeux de main
    mais pas de vilain
    jeux de beauté
    comme à Lascaux
    premiers dessins
    de l’humanité
    une main là
    comme tendue
    vers l’Autre
    moi aussi
    je la tends
    donnant
    le rêve
    la musique
    un souvenir
    proche
    buren
    le palais-royal
    et demain
    cette main
    touchée…

    Jean Lapierre

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